Pourquoi la COP28 est-elle si controversée?

Les controverses entourant l'organisation de la COP28
COP28
Un président controversé 
La présidence de la COP28 est assurée par le sultan Al Jaber, ministre émirati de l’Industrie et patron de l’Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc). Cette nomination a suscité des critiques de la part d'ONG et de scientifiques en raison du lien étroit entre le sultan Al Jaber et l'industrie pétrolière. En effet, en tant que PDG d'une entreprise pétrolière, il est considéré comme un lobbyiste du pétrole, ce qui soulève des inquiétudes quant à son impartialité dans les discussions sur le climat. Selon Arnaud Gilles, responsable climat et énergies de WWF France, cette présidence émiratie a créé une mobilisation exceptionnelle autour de la question de la fin des énergies fossiles. Elle met en lumière le clivage entre producteurs et consommateurs d'énergie qui bloque actuellement l'ambition climatique. Il est donc essentiel de sortir de ce narratif pour avancer vers des solutions concrètes.
sultan Al Jaber
(Source Image - BBC)
Les engagements climatiques actuels ne permettent qu'une réduction de 2 % des émissions mondiales d'ici 2030 par rapport à 2019, alors que le GIEC estime qu'une réduction de 43 % serait nécessaire. Cette situation renforce les préoccupations concernant l'influence des énergies fossiles dans les négociations climatiques.
Sébastien Treyer, directeur général de l’Iddri (l’Institut du développement durable et des relations internationales), souligne que la désignation du patron d'un groupe pétrolier à la tête de la COP met en lumière la question de la sortie des énergies fossiles d'une manière frontale. Cette controverse remet en question l'objectivité de la présidence de la COP28 et appelle à une plus grande transparence dans le processus de sélection des présidents.
Des Intérêts Pétroliers en Jeu 
pétrole
(Source Image - BFM Bourse)

La COP28, qui se tient cette année à Dubaï, soulève des questions importantes concernant les conflits d'intérêts potentiels. Un récent rapport de la BBC a mis en lumière des préoccupations majeures : Sultan Ahmed Al Jaber, figure de proue de l'industrie pétrolière, pourrait utiliser cette plateforme internationale pour favoriser ses propres intérêts commerciaux. Al Jaber, en tant que PDG de la compagnie nationale de pétrole d'Abu Dhabi, se trouve dans une position unique, pouvant potentiellement influencer les négociations climatiques pour servir les objectifs de l'industrie pétrolière. Cette situation pose des questions éthiques cruciales, car elle pourrait orienter les discussions de la COP28 vers des décisions qui favorisent l'industrie des combustibles fossiles, au détriment des efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.

Dubaï : Un Paradoxe Environnemental
Dubaï
(Source Image - IHG)

Dubaï, la ville hôte de la COP28, est souvent citée comme un symbole de progrès et de modernité. Cependant, cette métropole est également représentative d'un mode de vie excessivement consommateur de ressources. Les Émirats arabes unis, dont Dubaï est la plus grande ville, se classent cinquièmes au niveau mondial en termes d'émissions de CO2 par habitant. Cette empreinte carbone élevée est en partie due à un style de vie caractérisé par des projets extravagants tels que des pistes de ski intérieures et des plages artificielles. Ces exemples illustrent un contraste frappant avec les objectifs environnementaux généralement associés aux discussions sur le climat. La tenue de la COP28 dans une ville connue pour son impact environnemental négatif soulève des questions sur la cohérence entre le lieu de la conférence et son message de durabilité et de lutte contre le changement climatique.
Les enjeux de la COP28
Les défis du réchauffement climatique
La 28e conférence de l’ONU sur le climat, qui se tient du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï, s’annonce « décisive » alors que les effets du réchauffement sont de plus en plus visibles. La lutte contre le réchauffement climatique est considérée comme l'un des rares combats pour lesquels les pays du monde entier parviennent encore à se mettre autour d'une table. Les enjeux de cette conférence des parties sur le climat (COP) sont donc particulièrement dramatisés.
La notion de « Global Stocktake »
Au cœur de cette COP28 se trouve la notion un peu absconse de « Global Stocktake » ou GST. Il s'agit d'un processus d'évaluation et de révision des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l'Accord de Paris. Le GST permet de mesurer les efforts des pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation aux changements climatiques. Cette évaluation régulière est essentielle pour suivre les progrès réalisés et identifier les domaines où des actions supplémentaires sont nécessaires.
La participation et les attentes
La COP28, sous l'égide de l'ONU, rassemble près de 70 000 personnes, dont des dirigeants, des lobbyistes, des ONG et des journalistes. Les attentes sont élevées en termes de prise de décisions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique. Les pays participants doivent trouver des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, promouvoir les énergies renouvelables et soutenir les pays les plus vulnérables face aux changements climatiques.
Il est crucial que la COP28 aboutisse à des mesures ambitieuses et efficaces pour faire face aux défis du réchauffement climatique. Les décisions prises lors de cette conférence auront un impact significatif sur notre avenir et celui des générations futures.
Conclusion
COP28
La présidence controversée de la COP28 soulève des inquiétudes quant à l'influence des énergies fossiles dans les discussions sur le climat. La nomination d'un PDG d'une compagnie pétrolière à la tête de cette conférence remet en question l'objectivité et la transparence du processus de prise de décision.
Cependant, il est essentiel que les décisions prises lors de la COP28 soient basées sur des données scientifiques solides et dans l'intérêt de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour garantir la transparence et l'objectivité des discussions, il est crucial que tous les acteurs, y compris les ONG et les scientifiques, participent activement à la conférence. Leur expertise et leur engagement sont indispensables pour faire avancer les négociations et trouver des solutions efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
La COP28 représente une opportunité cruciale pour prendre des décisions concrètes afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il est impératif que ces décisions soient ambitieuses et qu'elles contribuent à préserver notre planète pour les générations futures. La mobilisation collective est primordiale pour relever ce défi mondial majeur.
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